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De la résurrection glorieuse de Pâques

jean baptiste aubryD’après « Choix de méditations sacerdotales », de l’Abbé Jean-Baptiste Aubry, Docteur en Théologie.

 

 


resurrectionChose étonnante, que le dogme de la résurrection des corps, qui est tellement capital, qu’il n’y en a pas, dit saint Augustin, qui ait été plus contredit par les hommes, parce qu’il n’y en a pas qui les retienne plus efficacement dans le devoir. Qu’aurait dit saint Augustin, s’il avait vu ce que nos yeux ont vu, et entendu ce que nos oreilles ont entendu ? Les hommes livrés aux vices de la chair et aux immortifications des sens, ne sont pas rares dans notre siècle, ils voudraient savoir leur chair anéantie pour toujours, afin de la savoir impunie, n’ignorant pas que si elle ressuscite un jour, ce sera pour payer en souffrances ce qu’ils lui auront accordé en sensualités. Lire la suite De la résurrection glorieuse de Pâques

Homelie lors de la messe avec les grands-parents et personnes agées

« L’Évangile que nous venons d’entendre, nous l’accueillons aujourd’hui comme l’Évangile de la rencontre entre les jeunes et les personnes âgées : une rencontre pleine de joie, pleine de foi et pleine d’espérance. Marie est jeune, très jeune. Elisabeth est âgée, mais en elle la miséricorde de Dieu s’est manifestée et, depuis six mois, avec son mari Zacharie, elle attend un enfant. Marie, dans cette circonstance, nous montre aussi la voie : aller à la rencontre de sa parente âgée, demeurer avec elle, certes pour l’aider, mais aussi et surtout pour apprendre d’elle, qui est âgée, une sagesse de vie.

La première lecture, avec une variété d’expressions, évoque le quatrième commandement : « Honore ton père et ta mère, afin d’avoir longue vie sur la terre que te donne le Seigneur ton Dieu » (Ex 20,12). Il n’y a pas d’avenir pour le peuple sans cette rencontre entre les générations, sans que les enfants reçoivent avec reconnaissance le témoignage de la vie des mains des parents. Et dans cette reconnaissance envers qui t’a transmis la vie, il y a aussi la reconnaissance pour le Père qui est aux cieux.

Il y a parfois des générations de jeunes qui, pour des raisons historiques et culturelles complexes, ont plus fortement besoin de se rendre autonomes vis-à-vis des parents, de se libérer, pour ainsi dire, de l’héritage de la génération précédente. C’est comme un moment d’adolescence rebelle. Mais, si la rencontre n’est pas ensuite rétablie, si un équilibre entre les générations, nouveau et fécond, n’est pas retrouvé il s’en suit un grave appauvrissement pour le peuple, et la liberté qui prédomine dans la société est une fausse liberté qui, presque toujours, se transforme en autoritarisme.

Le même message nous vient de l’exhortation de l’Apôtre Paul adressée à Timothée et, à travers lui, à la communauté chrétienne. Jésus n’a pas aboli la loi de la famille et du passage entre générations, mais il l’a portée à son accomplissement. Le Seigneur a formé une famille nouvelle, dans laquelle la relation avec lui et l’accomplissement de la volonté de Dieu le Père prévalent sur les liens du sang. Mais l’amour pour Jésus et pour le Père mène à son accomplissement l’amour pour les parents, pour les frères, pour les grand-parents, il renouvelle les relations familiales avec la sève de l’Évangile et de l’Esprit Saint. Et ainsi saint Paul recommande à Timothée, qui est pasteur et donc père de la communauté, d’avoir du respect pour les personnes âgées et les membres de la famille, et il l’exhorte à le faire avec une attitude filiale : l’homme âgé « comme s’il était ton père», « les femmes âgées comme des mères » (cf. 1Tim 5,1). Le chef de la communauté n’est pas dispensé de cette volonté de Dieu, bien plus, la charité du Christ le pousse à le faire avec un amour plus grand. Comme la Vierge Marie, qui, bien qu’étant devenue la Mère du Messie, se sent poussée par l’amour de Dieu qui s’est incarné en elle, à courir vers sa parente âgée.

Retournons alors à cette « icône » pleine de joie et d’espérance, pleine de foi, pleine de charité. Nous pouvons penser que la Vierge Marie, en étant à la maison d’Elisabeth, l’aura entendue, avec son mari Zacharie, prier avec les paroles du Psaume responsorial d’aujourd’hui : « Seigneur mon Dieu tu es mon espérance mon appui dès ma jeunesse…ne me rejette pas maintenant que j’ai vieilli ; alors que décline ma vigueur, ne m’abandonne pas…aux jours de la vieillesse et des cheveux blancs, ne m’abandonne pas ô mon Dieu ; et je dirai aux hommes de ce temps ta puissance, à tous ceux qui viendront, tes exploits » (Ps 71, 5.9.18). La jeune Marie écoutait, et gardait tout cela dans son cœur. La sagesse d’Elisabeth et de Zacharie a enrichi son jeune esprit ; ils n’étaient pas des experts en maternité et paternité, parce que pour eux aussi c’était la première grossesse, mais ils étaient experts dans la foi, experts de Dieu, experts de cette espérance qui vient de lui : c’est de cela dont le monde a besoin, de tout temps. Marie a su écouter ces parents âgés et pleins d’étonnements, elle a mis à profit leur sagesse, et celle-ci a été précieuse pour elle, sur son chemin de femme, d’épouse et de maman.

C’est ainsi que la Vierge Marie nous montre la voie : la voie de la rencontre entre les jeunes et les anciens. L’avenir d’un peuple a nécessairement besoin de cette rencontre : les jeunes donnent la force pour faire marcher le peuple et les anciens la renforcent par la mémoire et la sagesse populaire. »

Les tempêtes que nous avons à traverser.

Par l’Abbé André-Jean Marie Hamon, curé de St Sulpice (1795 – 1874)

Les tempêtes morales que nous avons à traverser pendant la vie sont de deux sortes : les unes publiques, les autres privées ou individuelles.

Les tempêtes publiques sont celles qui attaquent l’Église d’un bout de l’univers à l’autre : au dehors, ce sont les sectes ennemies qui s’insurgent contre elle ; au-dedans ce sont les mauvais chrétiens qui la déchirent ou la scandalisent. Du milieu de ces vagues furieuses, l’Église nous appelle à compatir à ses douleurs, comme un bon fils aux douleurs de sa mère, à la défendre par la parole, à l’édifier par l’exemple, à la consoler par le dévouement.

A ces tempêtes publiques viennent s’ajouter les tempêtes privées ou individuelles

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