Commentaire sur le 3ème dimanche après Pâques

d’après Una Voce


Introït : Jubilate Deo

Le texte de cet Introït est formé des premiers versets du psaume 65, grand cantique d’action de grâce du peuple d’Israël pour la délivrance d’Égypte et le passage de la Mer Rouge, figure par excellence de la Rédemption. Nous avons déjà trouvé ce texte au deuxième dimanche après l’Épiphanie dans un chant d’Offertoire exceptionnel, le grand Jubilate Deo qui sera à nouveau celui de dimanche prochain. Il célèbre ainsi la résurrection du Christ après avoir chanté son Incarnation et sa royauté.

Dimanche3paques

Jubilate Deo, omnis terra, psalmum dicite nomini ejus, date gloriam laudi ejus.
 Poussez des cris de joie pour Dieu, toute la terre, chantez un psaume à son nom, rendez glorieuse sa louange.

Toute la terre désigne, bien sûr, tous les hommes qui l’habitent. Ce texte est ponctué d’Alléluias comme toujours au temps pascal.

La mélodie est, comme il se doit très joyeuse et affirmative. Cependant le premier des trois Alléluias de la fin s’enfonce d’abord dans le grave d’une façon un peu mystérieuse avant que les deux autres ne remontent vers l’aigu en un immense crescendo enthousiaste. Cet Introït est accompagné du verset suivant du psaume Dicite Deo, quam terribilia sunt opera tua, Domine ; in multitudine virtutis tuæ mentientur tibi inimici tui.

Dites à Dieu, Seigneur que vos œuvres sont redoutables ; devant l’étendue de votre puissance vos ennemis vous mentent (c’est-à-dire font semblant de vous rendre hommage).

Alléluia : Redemptionem

Les dimanches du temps pascal ne comportent pas de Graduel mais deux Alléluias qui sont généralement très différents l’un de l’autre, le deuxième étant en particulier beaucoup plus long que le premier. C’est le cas en ce troisième dimanche après Pâques où le premier Alléluia est très court. Le texte du verset est tiré du psaume 110, Confitebor, psaume d’action de grâces que l’on chante aux vêpres du dimanche.

Redemptionem misit Dominus populo suo. 
Le Seigneur a envoyé la Rédemption à son peuple.

C’est bien le thème central du mystère pascal, et l’objet de notre reconnaissance qui sont ici résumés en ces quelques mots. La mélodie de l’Alléluia est une mélodie type que nous avons déjà entendue plusieurs fois, notamment au temps de Noël, mais la mélodie du verset n’est pas ici celle qui va habituellement avec cet Alléluia. Elle est originale et débute par un bel élan sur le mot Redemptionem, puis s’apaise sur Dominus en une cadence élargie pleine de révérence pour le nom du Seigneur, et elle reprend pour finir la mélodie de l’Alléluia.

 ► Alléluia : Oportebat

Le texte du deuxième Alléluia du troisième dimanche après Pâques est tiré de l’Évangile, et il s’agit ici de celui du lundi de Pâques : l’Évangile des pèlerins d’Emmaüs, d’où était déjà tiré le premier Alléluia de dimanche dernier. Cette fois ce sont les paroles du Christ à ses compagnons lorsqu’il leur expliquait les Écritures. Elles sont complétées par la mention de la résurrection, tirée des explications données par Notre Seigneur aux Apôtres réunis au cénacle au soir de ce même jour.

Oportebat pati Christum et resurgere a mortuis, et ita intrare in gloriam suam.

Il fallait que le Christ souffrît et ressuscitât des morts, et qu’ainsi il entrât dans sa gloire.

Nous retrouvons le thème de la Rédemption détaillé dans toutes ces phases ; nous aussi nous devons souffrir avec le Christ et mourir au péché pour pouvoir naître à une vie nouvelle et entrer avec lui dans la gloire du ciel. La mélodie de cet Alléluia est assez exceptionnelle et sans équivalent dans le répertoire. C’est une contemplation éperdue tournant sans cesse autour des mêmes notes avec quelque chose qui monte progressivement comme une grande houle avant de se détendre dans une cadence qui s’achève en remontant comme restant suspendue sans vouloir finir. Le verset reprend en partie les mélodies de cette grande vocalise que l’on retrouve en entier sur le dernier mot suam. Mais auparavant il y a deux accents très marqués sur les mots ita (ainsi) et gloriam qui sont bien mis en évidence.

 ► Offertoire : Lauda anima mea

L’Offertoire du troisième dimanche après Pâques est encore un chant d’action de grâces dont le texte est formé des premiers versets du psaume 145, cantique de louange au Seigneur pour sa bonté et sa toute puissance. Lauda, anima mea Dominum ; laudabo Dominum in vita mea, psallam Deo meo quamdiu ero.

Mon âme loue le Seigneur, je louerai le Seigneur toute ma vie, je chanterai un psaume à mon Dieu tant que je vivrai.

Mais ici la mélodie n’est pas éclatante et enthousiaste comme dans l’Introït. Elle possède le caractère de méditation intérieure et contemplative commun à la grande majorité des chants d’Offertoire. On y sent quand même à travers ses calmes ondulations de grands élans d’amour et de reconnaissance.

Communion: Modicum

Le texte de la Communion du troisième dimanche après Pâques est tiré de l’Évangile selon saint Jean. C’est une phrase prononcée par notre Seigneur au cours du grand entretien qu’il eut avec ses disciples après la Cène.

Modicum et non videbitis me ; iterum modicum et videbitis me, quia vado ad Patrem.

Un peu de temps et vous ne me verrez plus, puis encore un peu de temps et vous me reverrez, car je vais vers mon Père.

Il évoquait ainsi dans l’immédiat la séparation due à la mort sur la croix et les retrouvailles après la résurrection ; ensuite la séparation visible à l’Ascension et le retour invisible dans les âmes par l’effusion du Saint-Esprit, avant le retour visible et définitif à la fin des temps. On sait que Notre Seigneur a beaucoup insisté dans cet entretien sur cette séparation, montrant sa nécessité, et affirmant que la tristesse qu’elle provoquerait se transformerait en joie. C’est toujours le thème pascal, que contemplait longuement le deuxième Alléluia, de la souffrance et de la mort nécessaires pour parvenir à la résurrection et à la gloire. Mais ici la mélodie insiste surtout sur la joie finale car elle est légère et pleine d’allégresse. Tout juste se voile-t-elle de quelque mélancolie dans les deux descentes au grave sur les mots non videbitis me et vado ad Patrem qui évoquent la séparation.

 

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3 réflexions sur “ Commentaire sur le 3ème dimanche après Pâques ”

    1. bravo, bravissimo …. parce que vous le méritez bien Laurence ! est ce vous qui avez fait le choix des photos &lqauo; exposées &rqauo; ? parce que ce n’est pas facile de choisir n’est ce pas ! je file trainer un peu sur le site pour voir comme vos photos sont les plusssses belles de toutes !

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