De la résurrection glorieuse de Pâques

jean baptiste aubryD’après « Choix de méditations sacerdotales », de l’Abbé Jean-Baptiste Aubry, Docteur en Théologie.

 

 


resurrectionChose étonnante, que le dogme de la résurrection des corps, qui est tellement capital, qu’il n’y en a pas, dit saint Augustin, qui ait été plus contredit par les hommes, parce qu’il n’y en a pas qui les retienne plus efficacement dans le devoir. Qu’aurait dit saint Augustin, s’il avait vu ce que nos yeux ont vu, et entendu ce que nos oreilles ont entendu ? Les hommes livrés aux vices de la chair et aux immortifications des sens, ne sont pas rares dans notre siècle, ils voudraient savoir leur chair anéantie pour toujours, afin de la savoir impunie, n’ignorant pas que si elle ressuscite un jour, ce sera pour payer en souffrances ce qu’ils lui auront accordé en sensualités. Ah ! Pour nous qui sommes chrétiens, nous savons tout cela comme eux, et nous savons mieux encore, nous savons que la vie engendre la vie, et que nos espérances ne se bornent pas à la terre ; nous savons encore que ce tombeau où nous entrons, n’est pas pour notre cendre une demeure définitive, et que ces quelques années passées ici-bas dans le sacrifice et les douleurs, ne sont que le commencement de la vie. Nous savons que notre Christ est entré dans sa gloire et que, par lui, les portes du ciel sont ouvertes ; que la gloire de son tombeau n’est pas une gloire stérile, et que le triomphe de sa résurrection est une caution et un gage de la nôtre. Mais nous savons aussi à quel prix est cette gloire, et à quelle condition est ce triomphe ; nous savons que le premier homme, l’homme ancien, vient de la terre et qu’il est terrestre, c’est-à-dire enclin aux désirs terrestres, tandis que le second, l’homme nouveau, est du ciel et qu’il est céleste par ses affections et ses espérances ; nous savons enfin que notre Sauveur est ressuscité et que nous ressusciterons comme lui au dernier jour, que notre Rédempteur est vivant et que nous le contemplerons dans notre chair transformée. Alors il marquera lui-même sur notre front le signe de l’Agneau, il écrira sur notre chair, vivifiée et transformée par les mérites de la sienne, ces grandes paroles, écrites par l’Église au pied de la Croix, et que les efforts les mieux combinés du crime et de l’impiété n’effaceront jamais, même sur la terre : Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat.

Nous le verrons dans notre chair ; et la gloire de cet état sera la récompense de notre crucifiement. Voilà les leçons pratiques de ces Resurrection by Raffaelino del Garbo, 1510réflexions. Nous devons donc commencer notre résurrection, en poser, par nos actes, les gages et les prémices, afin de mériter que Jésus-Christ en pose le complément et qu’ainsi, comme dit saint Paul, la prédication de l’Évangile, que nous tâchons de rendre utile pour les autres, ne soit pas vaine pour nous.

 

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