« Laissons nous éduquer par Don Bosco, ouvrons-nous à la grâce en laissant derrière-nous notre ancienne vie »

Sermon pour la Fête de Saint Don Bosco, le 31 janvier 2015, par le Chanoine Thibaut de Ternay


06C’est une grande joie de pouvoir chanter la Sainte Messe à l’occasion de la Fête de ce grand pédagogue et éducateur qu’est Saint Jean Bosco.

Voilà bien une figure attachante d’où rayonne à travers sa personnalité une Foi et une quiétude qui nous donne envie de le suivre.

Il est né dans l’Italie du XIXème siècle, au milieu d’un bouleversement culturel. On passe de la monarchie à une société républicaine ; d’une société rurale à une société urbaine ; d’une société paysanne à une société industrielle. Les valeurs s’effondrent avec la chute de la monarchie. On a coupé la tête de Louis XVI, mais son martyre n’a pas servi de leçon aux autres peuples. Les jeunes errent dans les villes devenues pour eux synonyme de ghetto. Je suis paresseux, tel est mon ghetto ; je suis délinquant, tel est mon ghetto ; je n’ai pas de travail, tel est mon ghetto ; mon avenir, ça n’existe pas, tel est mon ghetto ; les policiers veulent me mettre en prison, tel est mon ghetto.

Au loin, j’entends une voix crier dans le désert : « Il ne sert à rien de les mettre en prison, il faut les éduquer » C’est qui ce bonhomme qui me parle, qu’est-ce qu’il veut dire avec son mot « éduquer ». Il prend ma défense, il me parle, il s’intéresse à moi : alors, c’est génial !

Je m’approche, je vois qui ? Il est bizarre ce bonhomme, il a une robe longue toute noire, une ceinture toute noire, un col tout blanc. T’es qui toi ? Je suis un prêtre catholique, et tu vois, l’habit que je porte, cela s’appelle une soutane qui symbolise la livrée du Christ. Par un grand mystère qui me dépasse moi même et une grande bonté, Dieu m’a appelé pour être un ipse Christe. Je suis donc un signe d’Espérance pour te dire que Dieu t’aime, il a quelque chose pour toi et il m’a chargé de te le donner.

Et oui mes amis, ce chemin qu’il nous montre, c’est celui du Ciel ; son message, il l’adresse aux enfants qu’il recueille en leur donnant avec bonté et fermeté la joie d’être aimé et d’être fait pour Dieu. Ainsi comme le Bon Pasteur, il rend à l’enfant sa dignité et sa confiance. Le Bon Pasteur est proche de ses brebis, connaît ses brebis, Don Bosco sera proche et connaîtra ses enfants. Le Bon Pasteur donne sa vie pour ses brebis, Don Bosco consacrera sa vie pour ses enfants venus des quartiers pauvres. Le Seigneur nous a délivré du poids du péché originel, nous a laissé, par la médiation des sacrements, l’accès possible au Ciel ; Don Bosco accueille le jeune pour lui dire combien Dieu l’aime. Il nous ouvre la porte de l’Espérance. En s’adressant aux enfants, il s’adresse à chacun d’entre nous car comme le Seigneur l’enseigne en Saint Matthieu : «  En vérité, je vous le dis, si vous ne vous convertissez et ne devenez pas comme de petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. »

Les jeunes de la rue, rejetés par leur famille, ne savant bien souvent ni lire, ni écrire, habitués à se battre pour gagner leur pain pour se nourrir ; Don Bosco, comme le Bon Pasteur, a mis son tablier pour les éduquer, les laver, leur donner une maison, de l’amour, de la confiance. Tout cela avec un grand trésor : « où qu’il aille, il dresse son confessionnal, car la confession est l’arme la plus efficace pour élever un homme. »

L’évangile nous invite à rejoindre ces enfants pour nous laisser guider par Don Bosco. Oui, nous sommes bien souvent comme ces enfants que Don Bosco a recueillis pour les pétrir avec la pâte de la grâce qui nous rend fidèle aux choses de Dieu.

Bien souvent, nous sommes comme ces enfants des rues, sans éducation : que connaissons-nous de notre Foi ? Nous sommes souvent sans logis, sans toit. Notre maison est-elle toujours pour nous le prolongement de l’église, la maison où Jésus est réellement présent ? Est-elle ornée d’un crucifix dans toutes les pièces de la Maison, d’une image de Marie, notre maman du Ciel. Est-elle bénie tous les ans, est-elle consacrée au Sacré Cœur de Jésus et au Cœur Immaculée de Marie ? Oui notre maison est-elle le prolongement de l’église où se trouve Jésus réellement dans son corps, son âme, son sang et sa divinité ? Nous laisser éduquer par Don Bosco, c’est accepter de nous ouvrir à la grâce en laissant derrière nous notre ancienne vie. L’orgueil et l’amour propre en particulier doivent être purifiés car ils nous empêchent d’être dans la joie, ils nous empêchent de bien travailler en faisant de nous des ambitieux, ils nous empêchent de nous réaliser en Dieu, pour Dieu, par Dieu.

Écoutons ce que nous dit Don Bosco en s’adressant à Saint Dominique Savio : «  Je vais te donner le secret de la sainteté : premièrement, la joie. Ce qui te trouble et t’enlève la paix ne vient pas du Seigneur ». C’est un grand principe dont il faut se souvenir, en particulier dans les épreuves. « Deuxièmement, le travail et la prière. Fais ton devoir d’état et prie souvent. Mais ne le fais pas par ambition ou pour avoir des compliments. Fais le par amour du Bon Dieu. Fais du bien aux autres…la sainteté, c’est tout cela. » Vous connaissez tous cette question posée à Dominique Savio : Que ferais-tu si tu savais que tu allais mourir dans un quart d’heure. Il était en train de jouer au ballon. Il répondit : « je continuerais de jouer puisque pour l’heure c’est mon devoir d’état. » Il était prêt, c’est cela la sainteté.

Nous, ce n’est pas la question qui nous sera posée peut-être mais plutôt le couteau sous la gorge : « crie Allah Akbar ou je te tranche la gorge ? » C’est arrivé, en France, à deux personnes récemment qui ont crié Allah Akbar. Ils ont eu la vie sauve, ce qui ne les empêchèrent pas d’être dépouillés de leurs vêtements. L’histoire ne dit pas s’ils étaient chrétiens ou pas ? Mais ils n’ont pas confessé le nom de Dieu. Mes amis que ferions-nous si nous devions mourir dans un quart d’heure ? Sommes-nous prêts ? Sommes-nous prêts à remettre notre vie à Dieu comme Saint Dominique Savio. Sommes-nous prêts à remettre notre vie à Dieu en chantant notre joie d’être Fils de Dieu Trinité comme les premiers chrétiens ou comme, plus récemment, les nouveaux martyrs d’Orient, tout simplement, tout simplement.

Que Don Bosco nous donne le zèle de la Foi, l’amour de la Charité et le miel de l’Espérance.

Ainsi soit-il.

 

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