« L’unité ne peut se faire que dans la Vérité du Christ qui nous uni par son Sacrifice »

Sermon du 2ème dimanche après l’Épiphanie, par le Chanoine Thibaut de Ternay


Biens chers Fidèles,

leonXIIINous commençons aujourd’hui la semaine de l’unité que nous offre l’Église. Pour cette raison l’Oraison du Pape que nous disons après la collecte de la Messe selon l’usage de notre Institut, comme ses statuts le stipulent, est substituée par celle de l’Unité. La Collecte nous dit : « Dieu qui remettez les égarés sur le chemin, qui regroupez le troupeau dispersé et qui gardez uni le troupeau rassemblé, répandez, dans votre bonté, la grâce de l’unité sur votre peuple chrétien, afin qu’il rejette ce qui divise, qu’il s’unisse sous le vrai pasteur de votre Église et qu’il puisse ainsi vous servir comme vous le méritez ».

Dans le cadre de cette semaine nous sommes invités par l’Église d’une manière particulière à prier pour nos frères qui ne sont pas en communion parfaite avec l’Église afin que tous les regards convergent vers la Primauté de Pierre.

Dans la Collecte, nous avons une méthode d’approche pour inviter nos frères à se tourner vers cette Primauté : « Dieu qui remettez les égarés sur le chemin…, répandez dans votre bonté, la grâce de l’unité sur votre peuple chrétien… ». Voilà qui est très salésien comme approche. La bonté pour parler à l’autre. Saint François de Sales qui évangélisa le Chablais en convertissant à la Foi Catholique plus de 70 000 Calvinistes le fit justement par la bonté accompagnée d’une autre qualité la science. Science des Saintes Écritures, science de la Philosophie et science de la Théologie affinées par le Saint-Esprit car la science est un des sept dons du Saint-Esprit. Cela implique non seulement une connaissance intellectuelle de notre Foi mais aussi une relation intime, une fusion, une docilité, entre notre être et l’Esprit-Saint.

La semaine de l’unité, mis en valeur par le dernier Concile du Vatican, a prit parfois des allures horizontales, par des idéologies modernistes, par un rationalisme conduisant à la négation de la Vérité ; lorsque, ce temps donné à l’Église doit se vivre sur des lignes verticales. Là où se trouve la Primauté de Pierre là se trouve l’Église, chemin qui nous conduit à Dieu.

Déjà, d’heureuse mémoire, le pape Léon XIII, en 1894, avait eu l’intuition de proposer une semaine de l’unité juste après la Pentecôte dans la durée de son octave. Mais c’est en 1908, aux États-Unis que cette prière a pris la forme particulière que nous lui connaissons aujourd’hui, celle d’une « octave » entre le 18 janvier (qui est la fête de la Chaire de Pierre à Rome) et le 25 janvier (fête de la conversion de saint Paul).

wattson
Le Père Paul Wattson

C’est le Père Paul Wattson, de confession anglicane qui inaugura cette tradition. Pour le Père Wattson cela signifiait le retour des différentes confessions chrétiennes à l’Église catholique. De fait, en 1909 le Père Wattson rentrait en communion avec Rome et à cette date le Pape Saint Pie X donna son accord à l’initiative ‘œcuménique’  qu’il avait introduite.

L’unité ne peut se faire que dans la Vérité du Christ qui nous uni par son Sacrifice. Nous disons dans la Postcommunion : « Nous venons de recevoir, Seigneur, la sainte communion, symbole de l’union des fidèles en vous ; faites qu’elle réalise effectivement l’Unité de votre Église ». Au début de l’Offertoire, le Prêtre mêle au vin une goutte d’eau dans le Calice pour symboliser l’unité des fidèles au Sacrifice du Christ comme l’eau qui sort du côté du Christ en exprime la même réalité.

Dans ce 2ème dimanche après l’épiphanie, l’Église nous donne à méditer l’évangile des noces de Cana, qui comme nous le verrons symbolise la Sainte Eucharistie.

Cana est le début de la manifestation extérieure de la gloire de Dieu : le début des miracles qui, dans la prédication de l’évangile, vont se succéder avec abondance. Symbolisée par l’abondance de l’eau changée en vin et l’abondance d’un banquet de noces, Jésus a voulu indiquer la générosité avec laquelle les biens spirituels seraient accordés à l’humanité. Marie, qui a provoqué le premier miracle, est celle qui introduit en ce monde l’abondance des biens messianiques et la plénitude de la joie du Christ dans les cœurs. Mais, elle ne produit rien de tout cela par elle-même : elle fait entrer dans un cadre humain l’amour divin et la vie divine. Toutes les pages d’Évangile nous disent que le Christ Lui-même est le Nouveau Temple où l’on trouve la présence de Dieu, où l’on rencontre Dieu. Et Jésus, mystérieusement, nous associe à ce Temple, nous associe à sa vie divine : nous sommes ‘pierre vivante’ de ce Temple ! Comme Marie a dû entendre ces paroles de son Fils, soyons-y attentif : «  Qui est ma mère et qui sont mes frères ? Voici ma mère, et mes frères : car quiconque fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est mon frère, et ma sœur et ma mère ».

noces-de-cana

Le miracle de Cana s’est produit lors de la première fête pascale de la vie publique de Jésus ; le miracle de la multiplication des pains, lors de la seconde, et l’institution de l’Eucharistie se produit lors de la troisième fête de la pâque juive : cela montre que, à Cana, où il transforma l’eau en vin, Jésus avait déjà en vue la Sainte Eucharistie. Les deux éléments de la consécration, le vin et le pain, ont leur préfiguration dans une action prodigieuse accomplie par le Christ. A la dernière Cène, Jésus fera allusion au banquet messianique auquel il allait goûter après son sacrifice. Le rôle que Marie joue dans l’instauration du banquet messianique entraîne un rôle dans le don de l’Eucharistie : les apôtres avaient demandé à Jésus de renvoyer les foules, Marie, elle, veut éviter que l’en renvoie les invités de la noce. Marie ne jouera aucun rôle dans l’accomplissement même du miracle, tandis que les apôtres sont les agents que le Christ emploie pour donner le pain aux foules : « Donnez-leur vous-même à manger ». Les apôtres seront instrument du Christ et prêtres. Marie introduira dans l’humanité le Christ eucharistique selon le symbolisme de Cana ; elle n’est pas investie de la mission sacerdotale, mais Marie au pied de la Croix, sera pourtant vraiment celle qui offrira la première, et parfaitement, son Fils tout entier pour le salut du monde. Au calvaire, elle accepte toutes les conséquences de ce don pour le repas eucharistique de l’humanité.

Dans cette semaine de l’unité, O Vierge de l’Eucharistie, Vierge du don total, aidez-nous à assister à la Messe avec l’amour de votre propre cœur ! Permettez-nous d’offrir Jésus au Père, de nous offrir nous-mêmes en union avec le Christ. Aidez-nous par Jésus Eucharistie, à rendre un vrai culte à Dieu, un culte en esprit et en vérité. Que l’Eucharistie soit le vrai culte de ma vie : toute ma vie comme préparation au culte de Dieu, union à Dieu, manifestation de la présence de Dieu dans ma vie !

Ainsi soit-il

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit

Ainsi soit-il

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