« Imitons les rois Mages qui ont su tout abandonner pour chercher et trouver le Sauveur »

Sermon du dimanche de l’Épiphanie, par le Chanoine Thibaut de Ternay, de l’ICRSP


Chartres_les rois mages-XIIIePour l’Église croyante et priante, les Mages d’Orient qui, sous la conduite de l’étoile, ont trouvé la route vers la crèche de Bethléem marquent le début d’une grande procession qui s’avance dans l’histoire. Il n’est donc pas anodin que les liturgistes aient choisi le chapitre 60 d’Isaïe pour l’épitre ou nous voyons Jérusalem, illuminée par la naissance du Christ, attirant les peuples plongés dans la nuit. Comme les bergers qui, en tant que premiers hôtes auprès de l’Enfant nouveau-né couché dans la mangeoire, personnifient les pauvres d’Israël et, en général, les âmes humbles qui vivent intérieurement en étant très proches de Jésus, ainsi les hommes provenant de l’Orient personnifient le monde des peuples, l’Église des Gentils – les hommes qui à travers tous les siècles se mettent en marche vers l’Enfant de Bethléem, honorent en Lui le Fils de Dieu et se prosternent devant Lui. L’Église appelle cette fête « Épiphanie » – la manifestation du Divin.

À partir de l’Évangile de Saint Matthieu, nous pouvons certainement nous faire une certaine idée du type d’hommes qu’ont dû être ceux qui, en suivant le signe de l’étoile, se sont mis en route pour aller trouver ce Roi qui aurait fondé un nouveau type de royauté, non seulement pour Israël, mais aussi pour l’humanité entière. Quel genre d’hommes ceux-ci étaient-ils donc ?

Ces Mages qui partirent vers l’inconnu étaient probablement des hommes instruits, des savants astrophysiciens. Des hommes inquiets comme peuvent l’être des chercheurs d’ors. Mais ils ne sont pas chercheurs d’ors, ils sont chercheurs de la Vérité, de ce qui leur manquent dans leur science. Ils sont chercheurs de Dieu, de la réalité la plus grande. Ils n’ont pas peur d’aller à l’essentiel et leur cœur vers ce mystère encore inconnu leur fait se poser des questions simples et belles: Comment on peut réussir à être une personne humaine ? Et c’est pourquoi, ils voulaient savoir si Dieu existe, où et comment il est. S’il prenait soin de nous et comment nous pouvons le rencontrer. Ils voulaient non seulement savoir. Ils voulaient reconnaître la vérité sur nous, sur Dieu et sur le monde. Leur pèlerinage extérieur était une expression de leur cheminement intérieur, du pèlerinage intérieur de leur cœur. Ils étaient des hommes qui cherchaient Dieu et, en définitive, ils étaient en marche vers lui. La fête de l’Épiphanie nous invite à Adorer l’Enfant-Dieu, à nous laisser guider par Lui. Comme le pèlerin qui va vers un point, nous allons avec Jésus vers le Père pour contempler la face de Dieu. Notre pèlerinage est une liturgie et c’est une des raisons pour laquelle il était de coutume en ce jour dans les cathédrales et églises paroissiales de chanter le Novéritis. Qui est l’annonce de la Fête de Pâques.

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Dans le rite romain, le « Noveritis » est chanté en la fête de l’Épiphanie dans les cathédrales (et par usage dans les églises paroissiales) après l’évangile de la messe la plus solennelle du jour. La proclamation en est faite par l’Archidiacre, ou bien, selon l’usage des lieux, par le chanoine préchantre ou par un autre chanoine. Revêtu de la chape blanche, celui qui est désigné pour cet office se rend à l’ambon ou au pupitre de l’évangile, paré d’une étoffe de soie blanche.

Beaucoup de Pères de l’Église des premiers siècles parlent de cette annonce de la date de Pâques lors de la fête de l’Épiphanie. Le IVème concile d’Orléans de 541 et celui d’Auxerre de 578 en ont étendu l’usage en Gaule.

A cette annonce se donne également les dates des grandes fêtes liturgiques mobiles qui nous aident à nous sanctifier, à grandir et à nous élever pour devenir des saints et aller au Ciel :

Ainsi mes très chers frères, de même que nous nous sommes réjouis de la Nativité de Notre Seigneur Jésus Christ, nous vous annonçons aussi, par la miséricorde de Dieu, la joie de la Résurrection de notre Sauveur.

Le 1 février sera le dimanche de la Septuagésime,

Le 18 février, le jour des Cendres et le commencement du jeûne de la sainte quarantaine,

Le 5 avril, nous célébrerons dans la joie la sainte Pâques de Notre-Seigneur Jésus-Christ,

Le 14 mai, l’Ascension de Notre-Seigneur Jésus-Christ

Le 24 mai, la fête de la Pentecôte,

Le 4 juin, la Fête du très saint Corps de Jésus,

Le 29 Novembre sera le premier dimanche de l’avènement de Notre Seigneur Jésus Christ, à qui soit honneur et gloire dans les siècles des siècles.

Une autre tradition qui nous ramène à notre Évangile nous faisait pratiquer l’Aliam Viam qui était une sortie en procession après la Messe jusqu’à la sacristie par un autre chemin que celui prit habituellement pour bien symboliser le retour des mages par un chemin différent.

« Et responso accepto in somnis, ne redirent ad Herodem, per aliam viam reversi sunt in regionem suam » – « Mais ayant été avertis en songe de ne pas revenir auprès d’Hérode, ils retournèrent dans leur pays par un autre chemin » (Mat. II, 12).

C’est aussi ce jour que l’on béni l’or, qui symbolise l’amour de Dieu, l’encens qui symbolise l’esprit de prière et la myrrhe qui symbolise le désir et la force de la mortification pour purifier nos péchés ainsi que les craies (avec lesquelles on marque sur le linteau des portes le millésime & les trois initiales des rois mages (lesquelles signifieraient également « Christus Benedicat Mansionem »).

En ces temps troublés, ou notre pays est en marche pour protester contre le dernier attentat parisien qui visait des journalistes, nous sommes invités à prier pour notre cher Pays la France sous la protection de Saint Michel Archange. La neuvaine pour la France relève d’une grande importance car elle doit aboutir à remettre Dieu au centre de notre vie. Appliquons-nous donc d’une manière particulière cette année à commencer notre pèlerinage avec les rois Mages qui ont su tout abandonner pour chercher et trouver le Sauveur, en suivant fidèlement l’année liturgique tout en implorant du Seigneur son secours pour que la France se convertisse.

Ainsi soit-il

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit

Ainsi soit-il

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