La confession, par Mgr Louis-Gaston de Ségur,

D’après « la piété enseignée aux enfants »

Ce qu’est la confession

monseigneur_de_segur« Sais-tu, mon cher petit enfant, ce que c’est que se confesser ? Écoute bien, et quand tu auras bien compris, tâche de pratiquer le mieux possible ce que je vais te dire. Il y a des enfants qui ont une peur terrible d’aller à confesse : on dirait que le confessionnal est une souricière, dans laquelle la petite souris doit être mangée par le chat.

Ces enfants-là sont des nigauds, de vrais nigauds ; car la confession est la chose la plus simple du monde. Il ne faut pas faire comme eux : il faut d’abord apprendre et savoir ce qu’ils ne savent certainement pas assez : ce que c’est que se confesser, et combien la confession est une bonne et douce chose.

Se confesser, c’est aller trouver le Prêtre de Jésus-Christ et lui dire, lui avouer tout simplement, bien franchement, tous les péchés qu’on se rappelle avoir commis. Ce n’est pas pour s’amuser, ni par manière de passe-temps que l’on va dire ainsi ses péchés : c’est afin d’obtenir du bon Dieu le pardon de tout ce qu’on a fait de mal. Quelquefois cela coûte beaucoup ; il faut y aller tout de même, parce que Dieu le veut, et parce que nous sommes sur la terre, non pas pour faire ce qui nous plaît et nous amuse, mais avant tout pour sauver notre âme en obéissant à Notre-Seigneur Jésus-Christ.

C’est au Prêtre, et au Prêtre seul, que l’on doit avouer ses péchés, s’il veut que le bon Dieu nous les pardonne. Sais-tu pourquoi ? C’est parce que le bon Dieu, quand il est venu sur la terre, a donné à ses Prêtres, et à eux seuls, le pouvoir divin de pardonner aux hommes tous leurs péchés. C’est aux Prêtres seuls que le bon Jésus a dit : « Recevez le Saint-Esprit. Les péchés seront pardonnés à ceux à qui vous les pardonnerez ; et ils ne seront point pardonnés à ceux à qui nous ne les pardonnerez pas. » Il leur a dit encore dans son Évangile : « Tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans les cieux. » C’est donc au Prêtre de Jésus Christ qu’il faut aller confesser, c’est-à-dire avouer tes péchés, si tu veux, que le bon Dieu te les pardonne.

Il ne suffirait pas, pour être pardonné, de te repentir de tes péchés et de les avouer seulement en secret au bon Dieu. Non : c’est lui-même, Jésus, le bon Dieu, qui t’ordonne d’aller dire tes fautes à ses Prêtres, lesquels sont ses représentants, ses ministres, ses envoyés au milieu des hommes. Quand tu es malade, tu vas trouver le médecin, parce que seul il peut te guérir : de même, quand ta pauvre petite âme est malade, il ne faut pas hésiter à aller trouver le Prêtre, qui est le médecin des âmes et qui les guérit au nom du bon Dieu. Ceux qui ne veulent pas se confesser ne veulent pas et ne peuvent pas guérir. Le péché est une terrible maladie qui jette les âmes en enfer.

Il faut dire au prêtre tous les péchés qu’on se rappelle avoir commis. Le bon Dieu le veut absolument. Si par mauvaise honte, ou par orgueil, tu avais le malheur de cacher exprès un péché à ton confesseur, mon pauvre petit enfant, tu commettrais une faute très grave ; tu ferais une mauvaise confession, et non seulement tes péchés ne te seraient point pardonnés, mais ton âme serait cent fois plus coupable qu’auparavant. Il vaudrait mieux ne pas se confesser du tout que de faire une mauvaise confession, une confession sacrilège.

C’est une grande sottise que de cacher au confesseur un péché, quelque grave, quelque vilain qu’il soit : d’abord on se rend coupable et on offense très gravement le bon Dieu, puis il faudrait tôt ou tard avouer ce péché, à moins qu’on ne préfère brûler éternellement dans l’enfer avec le démon ; pourquoi ne pas faire de suite ce qu’on sera obligé de faire un jour ? Et puis, quand on a caché des fautes, il faut refaire toutes ses confessions, ce qui est toujours très pénible et très désagréable. Enfin, c’est ne pas comprendre du tout le coeur du Prêtre, qui aime ses pénitents, qui a compassion de leurs faiblesses et de leurs fautes, qui ne les méprise jamais, qui les console au lieu de les gronder, et qui est malheureusement habitué à entendre l’aveu de toutes sortes de gros péchés.

N’aie donc jamais peur, petit enfant, de dire tous tes péchés sans en cacher un seul, sans en diminuer le nombre ni la gravité : l’aveu, je le sais, coûte un peu, mais il sera toujours suivi d’une douce paix et d’une grande consolation, sans compter le pardon que t’accordera avec bonheur ton Père spirituel et que Jésus-Christ ratifiera du haut des cieux. »

Sur la manière de se confesser

Quand tu devras te confesser, il faudra confessionnalt’y préparer un peu à l’avance, d’abord en évitant d’offenser le bon Dieu et en le servant avec plus de vigilance et de fidélité ; puis, la veille au soir, ou le matin, tu examineras ta conscience, priant Notre-Seigneur, la Sainte Vierge et ton bon Ange gardien de te bien faire connaître les péchés que tu as eu le malheur de commettre depuis ta dernière confession. Tu tâcheras aussi de découvrir, en présence de Dieu et en invoquant la lumière du Saint-Esprit, les défauts qui sont la cause habituelle de tes fautes, afin de recevoir à ce sujet les bons conseils de ton confesseur.

Va t’agenouiller aux pieds du Prêtre comme aux pieds de Jésus-Christ lui-même. On doit autant que possible se confesser à genoux. En commençant, on dit au confesseur : Bénissez-moi, mon Père, parce que j’ai péché. Et pendant que le confesseur donne la bénédiction, on fait pieusement le signe de la croix. Puis on récite la première partie du Confiteor : Je confesse à Dieu tout-puissant, à la Bienheureuse Marie toujours Vierge, à Saint Michel Archange, à Saint Jean-Baptiste, aux Apôtres Saint Pierre et Saint Paul, à tous les Saints et à vous, mon père, que j’ai beaucoup péché, en pensées, en paroles et en actions.

Et l’on commence ici à s’accuser de ses fautes, très-sincèrement, simplement, en les disant telles qu’elles sont, sans en diminuer ni en augmenter le nombre et la gravité. Il ne faut parler ni trop haut, ni trop bas, ni trop vite ; écoutez attentivement les questions du confesseur et y répondre sans rien cacher.

Quant on a dit tout ce qu’on a sur le cœur, on termine le Confiteor :

C’est ma faute, c’est ma faute, c’est ma très-grande faute. C’est pourquoi je supplie la bienheureuse Marie toujours Vierge, Saint Michel Archange, Saint Jean-Baptiste, les Apôtres Saint Pierre et Saint Paul, tous les Saints et vous mon Père, de prier pour moi le Seigneur notre Dieu.

On se tient ensuite bien tranquille, bien recueilli, pour écouter avec respect ce que dit le confesseur, ou plutôt ce que Jésus-Christ nous dit par la bouche de son ministre, et on tâche de ne pas oublier la pénitence qu’il impose.

Pendant que le confesseur dit tout bas les paroles de l’absolution, on baisse humblement la tête et on récite de tout son cœur l’acte de contrition, et on se relève, faisant le signe de la Croix. On se retire ensuite pour prier et remercier Dieu. On renouvelle ses bonnes résolutions, et s’il est-possible, on fait sa pénitence, en s’unissant au cœur de Jésus. »

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