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Façade haute de la chapelle. Photo M. Maitrejean

La chapelle Sainte Eugénie est le plus ancien des édifices religieux de la ville de Nîmes.

Dans sa partie romane, elle parait dater du Xème siècle. On ne saurait fixer précisément la date de sa construction. Cependant 3 chartes de 956, 995 et 1156 attestent de l’existence d’une chapelle Sainte Eugénie près de la Cathédrale.

Dans la première partie de l’édifice (nef), on remarquera les pilastres massifs et rectangulaires, la corniche en quart de rond, les arcs doubleaux, la voûte en berceau et les arcs de décharge en retrait de 0,50m. Dans la troisième travée, l’axe de la chapelle est brisé et très incliné vers l’Est. On peut penser à la tête du Christ penché sur la Croix, selon la coutume des architectes du Moyen Age.

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La chapelle vue de la rue. Photo M. Maitrejean

Autrefois, une travée précédait les trois autres ; l’alignement et l’élargissement de la rue Sainte Eugénie exigèrent sa démolition à la Révolution. La façade est récente et l’indication erronée de l’écriteau qui la fait remonter au XIVème siècle, ne trompe personne. Le chœur initial était au niveau de cette travée au Xème siècle. Le chœur actuel est postérieur. On remarque les deux baies ogivales, la voûte en arc d’ogive, tiercerons et liernes, l’arc doubleau qui le relie à la nef romane.

SON HISTOIRE

La Chapelle Sainte Eugénie fit partie de 10 rectoreries de la ville et coula une vie paisible de services religieux et charitable pendant tout le Moyen Age. Survinrent alors les guerres de religion. En 1561, elle fut cédée au culte protestant « à condition qu’on n’y fit aucune démolition ». En 1567, lors de la fameuse Michelade si douloureuse pour la communauté catholique et ses églises, Sainte Eugénie dut son salut au fait qu’elle servait de poudrière aux religionnaires. Elle fût vendue en 1569 et resta longtemps en état d’abandon. Rendue au culte catholique la première messe y fut célébrée le 18 Février 1657. Elle fut pendant un siècle l’unique paroisse de la ville.

C’est en 1709 que les chanoines rentrèrent dans la Cathédrale rebâtie, mais le service paroissial continua à avoir lieu à Sainte Eugénie jusqu’en 1746. Les pierres tombales des maîtres tailleurs, cordonniers, tondeurs et jardiniers, attestent que des liens étroits existaient avec la population de Nîmes.

En 1746, cessant d’être église paroissiale, le recteur voua Sainte Eugénie au service des congrégations et y fonda l’adoration perpétuelle. Chaque quartier de la ville avait son jour d’adoration. Après 1789, la chapelle pillée et profanée, tomba dans le domaine public ; vendue comme bien national le 21 Mars 1792, elle devint une fabrique de billards.

En 1877, Monseigneur Besson acheta en son nom, grâce aux fonds versés par le Chanoine Couran, Sainte Eugénie et en fit le centre de ses fondations. C’est de cette époque que date la disposition intérieure de la chapelle. Les Petites Dominicaines de l’Eucharistie, fondées par ce Chanoine , y établirent leur maison mère. Dans les locaux du couvent s’installèrent les services du logement, du placement, des infirmières et une maison de retraite pour 60 servantes.

Au départ des religieuses dans les années 1960, la chapelle devint le siège de l’Archiconfrérie du suffrage. Unie à la Cathédrale depuis 1987, les messes sont aujourd’hui célébrée sous la forme extraordinaire du rite romain.

AUJOURD’HUI

A présent rendue au culte catholique, la Sainte Messe y est de nouveau célébrée par le Chanoine Mesureur de l’Institut du Christ-Roi Souverain-Prêtre de Montpellier, chaque dimanche à 10H15, dans la forme extraordinaire du rite romain. L’abbé Jean-Marie Le Gentil célèbre également la Sainte Messe (messe basse) chaque dimanche à 09H00. Ce sont en tout un peu plus de 150 personnes qui, tous les dimanches, glorifient Notre-Seigneur dans ce lieu chargé d’histoire…